Cependant il a le mérite de montrer que le problème est général, et ne s'arrête justement pas qu'aux ULM.
Seuls les terrains des provinces de Namur et Luxembourg sont ici mis en avant.
La grande saga des ulmodromes
Aviation de loisirs - Pas facile la cohabitation entre riverains et exploitants
Même s’ils ne sont en rien comparables à Zaventem ou Bierset, il ne fait pas toujours bon vivre à deux pas d’un aérodrome ou d’un ulmodrome rural. Les riverains de Cerfontaine l’ont rappelé ce mardi. Le point sur les différents sites liés aux loisirs de l’air dans les deux provinces.
Cerfontaine
Les associations Les Amis de la Terre et Air Libre ont tenu à expliquer pourquoi elles sont contre le projet de construction d’un village aéronautique sur le site de l’aérodrome de Cerfontaine. Un projet défendu par la société EBCF SA, gestionnaire de l’endroit, et qui est soumis à enquête publique jusqu’au 5 juillet. Cette construction de 44 maisons, toutes équipées d’un garage destiné à accueillir l’avion des propriétaires, est considérée comme une extension des activités de l’aérodrome par ses opposants. « Nous craignons évidemment une augmentation des vols, explique Hervé Bourguignon, du Comité Air Libre. L’étude d’incidence a beau prétendre que la création de ce village aéronautique n’entraînera qu’une hausse de 700 vols par an, ils seront concentrés sur le même nombre de jours ouvrables. »
Un autre problème est mis en avant : l’étude d’incidence évoque des pics de décibels, or selon lui, le problème est ailleurs. « Même si des pics mesurables en matière de décibels ne sont pas atteints, ce qui nous dérange, c’est le bruit continu des avions, ULM ou hélicoptères. »
Des questions environnementales sont également mises en avant : le futur village aéronautique serait situé entre une zone Natura 2000 sur Froidchapelle et une zone à très haut intérêt biologique sur Cerfontaine. Qu’il s’agisse de faune ou de flore, des espèces vulnérables seraient donc mises en danger par cette augmentation de l’activité humaine. « Le sentier situé entre ces deux zones est également menacé. Il s’agit d’un GR très utilisé par les promeneurs. Dans le projet d’EBCF, il deviendrait la voie d’accès au village de 40 privilégiés, c’est cher payé. »
La crainte des comités concernés est que la construction du village découle sur d’autres infrastructures. « Le projet initial comprenait également une piste d’atterrissage en dur et un circuit de conduite défensive pour voitures. On nous dit que le premier a été abandonné mais nous n’y croyons pas. Le second s’est transformé en piste de vitesse, on est loin de la prévention et de la sécurité. La commune de Cerfontaine doit se positionner car elle a le pouvoir de tout stopper. »
Et à Hervé Bourguignon de rappeler qu’une procédure en annulation du permis d’exploiter délivré par le ministre Henry pour l’ulmodrome est toujours pendante devant le conseil d’État.
Liernu
Le combat judiciaire entre les riverains de l’ulmodrome de Liernu (Eghezée) et l’exploitant du site est une véritable saga ! Depuis plus de trente ans, les deux parties se battent à coups de procédure judiciaires. Les premiers dénoncent, outre les nuisances sonores, l’illégalité du site en zone agricole. Suite à une ordonnance du Conseil d’état, l’exploitant a d’ailleurs jusqu’à la fin de l’année pour démonter une partie des hangars. Le dernier épisode remonte à quelques semaines. Fin mai, le tribunal correctionnel de Namur décide d’acquitter l’ulmodrome poursuivi pour exploiter le site, sans permis d’environnement. Un jugement motivé, notamment par le fait que l’exploitation bénéficie d’un permis aérien depuis 1988. En outre le tribunal estimait aussi que la volonté des parties civiles de voir cesser, l’exploitation « relève surtout d’une détermination peu proportionnée aux nuisances décrites ». Ce que contestent toujours fermement les riverains plaignants, s’appuyant notamment sur un constat réalisé par un huissier. Pas convaincu non plus par les arguments de ce jugement, le parquet de Namur décidait il y a quelques jours de faire appel. Le dossier se retrouvera donc une nouvelle fois devant la justice en septembre. Cette fois le nouvel épisode de la saga se tiendra devant la Cour d’Appel de Liège.
Maillen
Depuis sa fondation en 1986, l’aéro-club « Les Houssières » implanté dans les campagnes de Maillen (Assesse) est presque parvenu à se fondre dans le paysage et à être toléré par ses voisins. Début des années 90, un comité des riverains s’était pourtant fermement opposé aux activités du site. Mais leur action avait finalement été déboutée par la justice. Aujourd’hui le club compte 130 membres dont 85 pilotes et élèves pilotes.
Temploux
À Temploux la cohabitation entre les villageois et l’aérodrome, se passe désormais relativement bien. Même si quelques riverains dénoncent encore le non-respect de certaines règles de vol, par quelques pilotes. Composé d’une piste de 700 mètres en herbe, il n’accueille que des aéronefs légers. L’endroit est particulièrement fréquenté pour son club de parachutisme et de planeur.
Sterpenich
L’ulmodrome de l’association Arel-Air a fait des vagues voici 4 ans. Une ASBL « Villages paisibles d’Arlon » s’était même créée pour dénoncer des nuisances dues aux ULM qui survolaient trop les villages et les habitations de Waltzing et Clairefontaine, principalement. Il y a eu des réunions avec la commune pour recadrer les choses, et cela a encore été rappelé l’année dernière. Apparemment, les pilotes semblent désormais privilégier les zones forestières et agricoles plutôt que les villages, ce qui leur avait été demandé. Le bourgmestre Raymond Biren n’a en tout cas plus reçu de doléances ces derniers mois.
Saint-Hubert
La création récente d’une nouvelle société d’exploitation de l’aérodrome de Saint-Hubert s’est accompagnée d’une recrudescence de l’activité sur le site, notamment de la part d’amateurs de voltige. En parallèle, les doléances de riverains n’ont pas tardé à se faire jour. « On ne réussira pas le redéploiement de cet aérodrome si on ne tient pas compte des nuisances », rassure le président Daniel Ledent. Aussi, un cube fictif d’un kilomètre de côté – éloigné des habitations – a été réservé aux avions-acrobates. « Et je préviens, celui qui ne respecte pas les règles sera éjecté ». Au passage, la société d’exploitation rappelle aussi à ceux qui ont la mémoire courte que le site accueillait trois fois plus de vol il y a quelques années.
Laurence Brasseur
Le Soir, mercredi 22 juin 2011

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